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dimanche, mars 15, 2026

Intelligence 2026



Image générée par l'IA - 2026
 

Ayons conscience que l’intelligence est devenue depuis quelques années un problème social majeur.

En fait, elle est redevenue un problème, car elle le fut déjà, il y a un siècle, lorsqu’on mit au point les tests de « quotient intellectuel » afin d’évaluer les capacités intellectuelles des enfants dans le cadre de la scolarité obligatoire.

Cela signifie qu’ordinairement l’intelligence humaine va de soi, car est elle facteur de solution plutôt que problème. C’est bien le critère de l’intelligence qui établit la supériorité des humains sur les autres espèces qui cohabitent avec eux sur notre planète. L’homme crée des pièges à animaux, l’animal ne crée pas des pièges à humains !

Comment présenter le problème contemporain de l’intelligence ? N’est-il pas lié à l’irruption spectaculaire de l’IA (intelligence artificielle) dans la vie commune ? Que devient alors l’intelligence naturelle des humains face aux performances de l’IA ? N’apparaît-elle pas bien limitée, voire dépassée ?

Pour bien se comprendre, il nous faut définir a minima l’intelligence, c’est-à-dire de telle sorte que la définition englobe à coup sûr tous les emplois de ce mot, même si les contours de son champ sémantique restent incertains. Or l’étymologie nous donne une piste intéressante : le mot intelligence vient du latin intelligere = comprendre, lequel est composé de inter-legere qui signifie littéralement « lier-entre ». Suivant cette piste on peut au moins penser l’intelligence comme capacité spirituelle de tirer parti de ses connaissances pour maîtriser la réalité.

Cette définition permet effectivement de penser l’IA – laquelle toujours relie des connaissances afin de répondre au prompt (l’instruction de l’utilisateur) – aussi bien que l’intelligence telle qu’elle est communément évoquée, par exemple pour résoudre un problème de mathématique.

Mais cela n’a de sens que si l’on peut opposer une intelligence naturelle à une intelligence artificielle.

Or, cela ne va pas de soi.

On définit l’artifice comme ce qui est ajouté à la nature par les compétences spécifiquement humaines. Or, leur intelligence est à la pointe de ces réalisations propres aux humains. Elle est donc inévitablement derrière tous les artifices, et donc derrière l’IA.

Qu’est-ce que l’IA au ras de l’expérience commune ? Un texte, une image, un son, une vidéo, autrement dit une œuvre numérisée qui répond à une demande de notre part.

Dire qu’elle est « numérisée » signifie qu’elle est gérée en tant que multiplicité de nombres par des ordinateurs, que les anglo-saxons nomment plus exactement « computers », autrement dit calculateurs – ces machines ne font en effet que manipuler des nombres, c’est-à-dire calculer. La numérisation est en effet nécessaire pour matérialiser la mémoire : elle le fait en base numérique 2 (soit uniquement avec les chiffres 1, 0) qu’on peut aisément matérialiser au moyen de 2 états d’une particule (par exemple un transistor hyper-miniaturisé) selon qu’elle est ou non impactée par du courant électrique (dans leur circulation sur un réseau, ces  mêmes données sont matérialisées sous forme d’ondes électro-magnétiques ou de photons (fibre optique)).

Autrement dit, cette fameuse IA n’est rien au-delà d’une énergie électrique parcourant des circuits électroniques, ou émettant de ondes électromagnétiques ou des faisceaux lumineux. C’est par contre l’intelligence humaine qui inscrit ou prend connaissance de données sous cette forme matérielle.

On pourra objecter que cette description vaut pour l’univers numérique en général, mais ne prend pas en compte les spécificités de l’IA.

Pourtant c’est bien la même logique de numérisation qui est décrite ci-dessus qui est à l’œuvre dans l’IA. En vérité, du point de vue du fonctionnement du système matériel propre à la gestion de données numérisées, la différence est essentiellement quantitative. L’IA a la capacité de mobiliser en quelques secondes n’importe quelles connaissances, parmi une mémoire de données gigantesque répandue matériellement à travers le monde, pour sélectionner les éléments appropriés à la requête, et apporter une réponse pertinente.

S’il y a une différence qualitative, elle est dans la programmation. C’est-à-dire qu’elle est dans l’intelligence humaine qui a mémorisé dans la machine les algorithmes (ensembles de règles imposées aux processus matériels) qui vont produire la réponse appropriée à la requête, avec en plus des marqueurs de civilité, de bienveillance, et même de prise en compte de traits singuliers du requérant, ceci tout en mémorisant de nouvelles données classées tirées de la situation d’interlocution.

Nous savons que la programmation qui a permis l’avènement récent de l’IA popularisée est l’aboutissement de longues recherches, et met en œuvre une architecture logique extrêmement sophistiquée avec, en particulier, des modalités de récurrence (les processus qui se réitèrent sur leurs résultats), d’apprentissage profond (la machine est programmée pour tirer ses propres règles d’une mémorisation de ses processus passés), etc., permettant un effet d’autonomie dans la gestion des réponses aux requêtes.

À considérer attentivement ce qui se passe dans la mise œuvre de l’IA générative (c’est-à-dire capable de générer une réponse pertinente à n’importe quelle question, a priori inconnue du programme), il n’y a là aucune intelligence artificielle. Il n’y a que de l’intelligence humaine !

C’est ce qui faisait dire à Luc Julia, co-créateur de l’intelligence artificielle Siri (interviewé dans Le Monde du 13/09/2019) : «En 1956, on a décidé d'appeler ça de l'intelligence artificielle, alors que ça n'a rien à voir avec de l'intelligence ! (…)  On a commencé à fantasmer sur le mot, sur l'idée qu'on pourrait créer quelque chose proche de nous qui nous remplacerait, voire nous contrôlerait. Alors que c'est l'inverse : c'est nous qui contrôlons l'IA ! Cette IA dont on parle à longueur de journée n'est qu'un outil, comme un bon marteau ou un couteau. C'est une machine qui me permet de projeter un certain niveau de mon intellectualisation d'une tâche, et on fait ça depuis la nuit des temps. »

Donc, le problème n’est pas, en 2026, une compétition entre une IA impérialiste et une intelligence humaine qui craindrait d'être dépassée. S’il y a un problème, il ne peut être que celui de l’intelligence humaine.

Or, ce qui est remarquable d’emblée, c’est l’époustouflante capacité, manifestée publiquement depuis peu, de l’intelligence humaine, dans son inventivité, dans son agilité logique, dans sa ténacité, de réaliser un système matériel, sous forme de réseau mondial, capable de mobiliser l’ensemble des connaissances humaines, pour répondre de façon presque toujours juste – il peut y avoir quelques erreurs, mais les références sont globalement pertinentes – à n’importe quelle question sensée ayant un intérêt général.

Julia a pleinement raison : « C’est nous qui contrôlons l’IA ! ». Des journalistes, bien intentionnés certes, mais aussi soucieux d’attirer du public, posent gravement la question à l’invité spécialiste : l’autonomie de l’IA, toujours plus grande, au point qu’elle rend capable de programmer des robots tueurs, par exemple pour faire la guerre, ne risque-t-elle pas de nous dépasser ? De se retourner contre nous ?

C’est nous, humains, qui programmons. Ne programmons pas pour tuer ! Et si, l’ayant fait, nous nous sentions menacés, ce serait très simple : coupons l’électricité !

Julia est aussi pleinement justifié de rappeler qu’il s’agit de « projeter un certain niveau de mon intellectualisation d'une tâche, et on fait ça depuis la nuit des temps ». Car on sait, par exemple, que le boulier qui « projette » les principales opérations de calcul sur le déplacement de boules sur des tringles placées parallèlement dans un cadre, était déjà utilisé il y a quatre millénaires. Or, nous avons expliqué dans cet article en quoi l’ordinateur contemporain était l’héritier direct du boulier ! Ce qui situe ce qu’on appelle l’IA dans la logique du progrès technique qui est une dimension immémoriale de l’histoire humaine. L’anthropologue A. Leroi-Gourhan (voir Le geste et la parole, 1964) interprétait celle-ci comme l’expression d’une tendance de l’humanité à extérioriser dans des inventions techniques, ses propres facultés naturelles de maîtrise de l’environnement, de façon à les rendre plus modulables et universalisables. Hé bien, en ce début du XXIe siècle, cette extériorisation a atteint le niveau des productions culturelles (et non des créations car l’IA ne fait que reprendre ce qui a déjà été créé).

La technique de l’IA est une merveilleuse invention qui fait honneur à l’esprit humain. Après, il s’agit de savoir ce qu’on veut en faire. Et concernant ce problème du « Pour quoi faire ? », l’intelligence humaine est aujourd’hui complètement en faillite.

Car à cette question a été répondu, sans débat, dans le sens du pouvoir mondialisé en place, qui est une mercatocratie : « Pour créer un nouveau marché ! »

Ce nouveau marché est anticipé révolutionnaire et juteux. C’est pourquoi les quelques firmes capables de fournir ce service technique se sont lancées dans une compétition féroce pour l'animer immédiatement afin de s’y donner une place prééminente. Il s’en est suivi une diffusion populaire extrêmement rapide, depuis la première mise à disposition gratuite de ChatGPT fin 2022.

Le fait que l’IA ait été d’emblée captée par la compétition marchande brute de toute régulation est extrêmement préoccupant pour l’avenir de la biosphère. Car cette innovation technique requiert énormément d’énergie électrique pour fonctionner ; de plus, ses milliers de centres de données captent d’importantes ressources en eau pour leur refroidissement ; et, par l’effet de la course concurrentielle en laquelle elle est prise, elle se voit dans l’obligation de renouveler sans cesse son imposant matériel de fonctionnement (qui fait largement appel à des métaux rares) ; et il faut aussi prendre en compte les effet induits par sa diffusion sociale, tout particulièrement une surproduction et une surconsommation de contenus sur Internet à quoi ouvre la facilité de leur production au moyen de l’IA.

Ainsi le développement de l’IA est en train d’amplifier de manière incontrôlée une dynamique de déséquilibres écologiques qui étaient déjà considérés comme intenables à moyen terme avant 2022.

Les mêmes personnes qui sont parties prenantes, par l’exercice de leur intelligence, de succès techniques dont la génération de leurs parents n’osait même pas rêver, sont prises, en ce qui concerne le futur pour leurs descendants, dans une impasse dont ils n'osent même pas leur parler, tellement elle est liée à des choix qui faut bien qualifier d’imbéciles.

On peut considérer l’imbécillité comme la propension à faire des choix qui ne sont pas éclairés par une prise en compte suffisamment large des informations qui permettent d’en mesurer les conséquences. C’est en quelque sort le contraire de l’intelligence telle qu’on l’a définie a minima ci-dessus.

Car l’intelligence nous dit qu’il faut d’abord surmonter, dépasser, la mercatocratie et son imbécile compétition pour avoir plus que l’autre, afin que l’humanité puisse heureusement tirer parti de ce trésor de l’intelligence humaine qu’est l’IA.

L’intelligence humaine, en 2026, est face à ce défi !

lundi, février 10, 2020

Une convention citoyenne à contre-emploi


Se rend-on compte combien est hors-sol l’institution par le président Macron d’une « Convention citoyenne pour le climat » – et même, comme il l’a dit, « pour la transition écologique » ?
Car une convention citoyenne a vocation à anticiper l’avenir et non à réparer le présent en situation d’urgence.
Car une convention citoyenne a vocation à examiner l’intérêt pour le Bien commun d’une possibilité de choix technique précise qui impacterait l’avenir, et non l’orientation de la politique des gouvernements à venir du pays.
Le président assigne à la Convention citoyenne de proposer des lois qui permettront de « réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 % d’ici 2030, dans un esprit de justice sociale ». Qui peut croire une seconde que les 150 citoyens tirés au sort vont déterminer la politique de la France pour la prochaine décennie ? Qui peut croire une seconde que le Président, le Gouvernement, les Assemblées législatives, vont effacer significativement de leur pouvoir pour faire droit aux propositions des 150 conventionnels ?
Tout citoyen a quelques idées de ce qu’il faut faire immédiatement pour parer au dérèglement climatique. Faut-il les rappeler ? Taxer les émissions carbone, interdire toute nouvelle exploitation d’énergie fossile, investir pour la reconversion des industries énergivores et polluantes, investir pour l’agriculture biologique, réorienter l’aménagement de l’espace en faveur des transports en commun et des circuits courts d’échanges de marchandises, instaurer des normes exigeantes de durabilité des objets techniques et de recyclage des déchets,  etc.
C’est ce qui va sortir, peu ou prou, de la Convention citoyenne en question, après le long mois de discussions et beaucoup d’argent public dépensé.
Et après restera le même et lancinant problème, le véritable problème de l’épisode historique actuel. Où trouver la volonté politique, le courage de responsables élus, de contraindre, par la loi et les sanctions qui l‘imposent, les grands affairistes de se soumettre au Bien commun ?
Or, que fait à cet égard notre exécutif ayant institué la Convention citoyenne pour le climat ? Il laisse filer les exactions qui aggravent la dérive climatique. Il demeure avenant aux désirs des affairistes : il supprime l’impôt sur la fortune portant sur les actifs financiers, il fait la roue pour attirer les investissements en France des majors de l’industrie high-tec et du e-business, il s’affranchit sans vergogne des engagements antérieurs de l’État sur la réduction des émissions de CO2, sur la réduction de l’usage des pesticides de synthèse, sur le gel de la progression du bétonnage des surfaces végétales.
Si le pouvoir est sérieux dans sa demande à une Convention citoyenne de mesures qui puissent réorienter l’activité économique dans un sens viable pour notre descendance, qu’au moins il bloque d’emblée toutes les entreprises qui d’évidence sont délétères pour l’avenir !
Comme tout indique que nos dirigeants ne sont pas sérieux dans leur demande de propositions à une Convention citoyenne, on est porté à penser qu’il puisse s’agir d’une manœuvre dilatoire pour donner un os à ronger à l’impatience écologiste de la grande majorité des citoyens.
Il n’est pas exclu que cette manœuvre soit prolongée en une proposition de référendum où l’on essaierait de payer de mots les citoyens sous forme de modification de la Constitution. Va-t-on insérer « l’urgence climatique » dans le texte fondamental ? En tous cas ce serait l’ouverture d’une nouvelle période de débat, sans enjeu véritable concernant sa conclusion, et qui ne ferait guère avancer la solution du problème de la détérioration écologique de la situation de l’homme dans la biosphère.
Car il est bien des principes inscrits dans la Constitution qui, tout sacrés qu’ils soient, sont enjambés régulièrement par nos gouvernants. Rappelons en particulier la « Charte de l’environnement » qui, annexée à notre Constitution, est censée définir, depuis 2004, le cadre de l’action publique en matière d’environnement avec force d’obligation. Il est édifiant de confronter ses premiers articles aux pratiques gouvernementales :
ARTICLE 1er. Chacun  a  le  droit  de  vivre  dans  un  environnement  équilibré  et  respectueux de la santé.
ARTICLE 2. Toute  personne  a  le  devoir  de  prendre  part  à  la  préservation  et  à  l'amélioration de l'environnement.
ARTICLE 3. Toute personne doit, dans les conditions définies par la loi, prévenir les  atteintes  qu'elle  est  susceptible  de  porter  à  l'environnement  ou,  à  défaut,  en  limiter les conséquences.
ARTICLE 4. Toute personne doit contribuer à la réparation des dommages qu'elle cause à l'environnement, dans les conditions définies par la loi.
ARTICLE 5. Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances  scientifiques,  pourrait  affecter  de  manière  grave  et  irréversible  l'environnement,  les  autorités  publiques  veillent,  par  application  du  principe  de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en oeuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.
ARTICLE 6. Les  politiques  publiques  doivent  promouvoir  un  développement  durable.   A   cet   effet,   elles   concilient   la   protection   et   la   mise   en valeur   de   l'environnement, le développement économique et le progrès social.
ARTICLE 7. Toute  personne  a  le  droit,  dans  les  conditions  et  les  limites  définies  par  la  loi,  d'accéder  aux  informations  relatives  à  l'environnement  détenues  par  les  autorités publiques et de participer à l'élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l'environnement.

Peut-on se résoudre à ce que ce ne soit que des mots ?
Ainsi, indépendamment des approximations dans l’organisation de cette consultation d’un panel de citoyens, indépendamment du sérieux de l’investissement pour le Bien commun de ceux-ci, cette institution à contre-emploi d’une Convention citoyenne pour le climat à toutes chances d’être jugée finalement par l’Histoire comme un leurre qui aura différé de manière irrémédiablement dommageable le temps de la prise des décisions appropriées.
Pourtant la procédure de la convention de citoyens doit être prise en considération car elle est une des formes de vie sociale qui peuvent être vectrices d’une reviviscence de la démocratie.
La convention de citoyens est une modalité récemment apparue – elle a d’abord été conçue et pratiquée au Danemark dans les années 80 – de participation des citoyens aux décisions publiques qui se veut être la réponse au défi démocratique posé par la rapide évolution des sciences et des techniques. L’avènement de l’énergie atomique, de l’informatique, du génie génétique, de la procréation artificielle, des nanotechnologies, etc. implique des choix techniques qui peuvent avoir un impact significatif sur l’avenir de la société. Dans le système institutionnel présent, ces choix sont en général faits entre experts et politiques, hors du regard des citoyens, ceux-ci étant considérés comme ignares et prédisposés à être la proie de fantasmes. Mais on peut aussi soupçonner que les problèmes posés par les choix techniques antérieurs, ne serait-ce que les profonds dommages écologiques occasionnés ces dernières décennies par les activités humaines, ne soient pas sans rapport avec cette absence de démocratie concernant l’usage des sciences et techniques.
C’est justement ce à quoi veut remédier le projet de conventions de citoyens. Il s’agit d’impliquer un certain nombre de citoyens, volontaires et tirés au sort, formant un groupe représentatif de la société, à acquérir un savoir suffisant sur les techniques en cause pour organiser un débat public et les auditions qu’il jugera nécessaire, afin d’aboutir à un consensus sur des recommandations d’actions à adresser au législateur. Le Parlement a le devoir de les prendre en considération, et s’il les rejette, de motiver sa décision.
Il faut signaler au président Macron qu’il y a bien des questions qui se posent aux citoyens et qui mériteraient la sollicitation de conventions citoyennes, comme par exemple :
–    Faut-il développer un réseau 5G de communication ?
–    Dans quelle mesure faut-il développer et légaliser les différentes techniques de Procréation Médicalement Assistée ?
–    Que faire des déchets radioactifs nucléaires longue durée ?
–    Dans quelle mesure l’euthanasie peut-elle être légitime ?
–    Jusqu’où aller dans l’application de techniques nouvelles de réparation du corps pour différer la mort par le vieillissement ?
Les conventions citoyennes ne sont pas la démocratie. Mais elles sont des îlots précieux de démocratie en ce qu’elles évitent à une société de se précipiter à l’aveugle dans une technologie nouvelle, sur incitation de ses propagandistes intéressés.
Elles doivent être aussi revendiquées parce qu’elles sont un dispositif qui donne les bonnes conditions à des gens du peuple pour examiner et discuter un problème de possibilité technique qui se pose à la société. Elles permettent ainsi de mettre en valeur l’engagement populaire pour le Bien commun, son désir de savoir, et la sagesse de ses propositions, dans la mesure où on lui en laisse la disponibilité et le temps.
Bref, les conventions citoyennes donnent l’exemple de ce que peut être une véritable vie démocratique. Elles réveillent le désir qu’elle ne soit plus réservée à quelques-uns tirés au sort, mais devienne la vie de tous les citoyens.